Ambiance admirablement soignée, action frénétique et gameplay d'une grande variété, on ne s'ennuie pas une seconde dans ce FPS d'une grande efficacité et à la durée de vie somme toute correcte pour le genre, bien boostée de surcroît par l'apport de CS : Source côté multi.
Au vu des antécédents de la série, on peut tout de même regretter le peu d'importance du scénario, présent en début et fin d'aventure mais trop peu développé durant la majeure partie du jeu, et une intelligence artificielle qui manque singulièrement de mordant.
Devant la qualité du reste, on s'en accommodera volontiers. Moins marquant et révolutionnaire que son prédécesseur, forcément, mais tout aussi prenant, Half-Life 2 est le meilleur FPS sorti depuis un bon moment... le digne successeur de l'original, tout simplement.
Côté technique, Valve a fait particulièrement fort - sans cependant parvenir à bétonner autant la réalisation qu'on l'aurait espéré.
Graphiquement, c'est un sans-faute : moins riche en effets modernes et spectaculaires que Far Cry ou Doom 3 (le métal, notamment, n'a pas les mêmes jolis reflets froids), Half-Life 2 réussit néanmoins de se hisser au niveau de ces deux principaux adversaires de l'année 2004, voire à les dépasser, grâce à un style graphique parfaitement maîtrisé.
Pleins d'envergure et tout à fait dans le ton "futuriste mais pas trop" de l'ensemble, les décors ont notamment un côté réaliste bien marqué qui laissera plus d'une mâchoire sur le parquet : la seule arrivée dans la ville, en sortant de la gare, suffira à estomaquer plus d'un incrédule.
Le traitement réservé à l'eau est du même ton et son rendu est lui aussi de haute tenue, avec des reflets dans tous les sens à la surface et un effet de distorsion assez réussi quand on nage sous les vagues. Dans l'ensemble, on est très loin des vastes étendues d'un Far Cry, mais avec une liberté d'action à peu près équivalente, on s'en passe finalement assez bien.
Cerise sur le gâteau, le titre se paye le luxe d'être nettement moins gourmand que ses deux concurrents et une machine assez moyenne parviendra à le faire tourner sans souci. Autant dire que son PC de test et son indice 3200+ pour 1 Go de RAM et 9800 Pro ne se privait pas pour mettre toutes les options à fond en 1024*768, et un peu de FSAA pour lisser le tout. Hélas, cette étincelante médaille a aussi un revers relativement gênant : les temps de chargement. Proportionnels à la puissance du bestiau, évidemment, ils demeurent trop longs dans tous les cas et surtout bien trop nombreux pour ne pas être pénibles assez vite.